"Au nom de votre fils, cessons de nous haïr."
(Pyrrhus, acte III, scène 7)
 
     
     
 

La tragédie d'Andromaque – une guerre – un génocide
Ce n'est pas un hasard si le regard de Pyrrhus se trouble quand il se pose sur sa captive…
Ce n'est pas un hasard si Racine a pris des libertés avec l'Histoire dans Andromaque et fait vivre Astyanax quelques années de plus. C'est par lui que passe la paternité future de Pyrrhus,"le projet" que lui a inspiré son amour pour la veuve d'Hector : fonder sa propre dynastie, fonder la dynastie qui unira les vainqueurs aux vaincus. Utopie rédemptrice après le génocide de Troie, nouvelle vision du monde qui dépasse et s'oppose à l'héritage de son père Achille et dans laquelle Hermione n'a plus de place…


Nous voyons naître chez Hermione, au cours de cette journée où son amour et son orgueil sont définitivement bafoués, l'essence du meurtre. Fracturée, après un an d'incertitudes, elle se brisera "en direct", non sans essayer de détruire dans un élan de "desperado", ceux qui traversent le chemin de sa souffrance. "Desperado" également est son cousin germain, Oreste, l'homme qui doute. Prince noir, il hurle ses interrogations au monde et son amour obsessionnel pour Hermione, quête aussi inaccessible que celle de Pyrrhus, le rêve de l'union avec la sœur…
Andromaque, à la mort d'Hector, a acquis par la force des choses le statut de père d'Astyanax. Qu'elle soit prête à le transmettre à Pyrrhus au prix du sacrifice - anéantissement - de son corps est révélateur de la joute ambiguë, retenue, secrète qui la lie au guerrier du sac de Troie…
Andromaque est certainement un des personnages de Racine chez qui "le corps, l'âme et l'ombre" se livrent la plus subtile bataille…

 
     
     
 
 
 
 
 
 
 
 
     
     
 
 
  ©fotos Pierre Ruaud, Jean-Claude Cau  
 
     
 

 

 
     
       
 
Mise en scène Anne Petit. Avec Emmanuelle Meyssignac (Andromaque, Gilles David (Pyrrhus), Valérie Vogt (Hermione), Christian Cloarec / Christophe Allwright (Oreste), Emmanuelle Baillot (Céphise), Viviane Maupetit (Cléone), Jean-Marc Avocat (Phoenix), Thierry Pillon / Jean-Jacques Pivert (Pylade). Décor et lumière Jean Grison, costumes Mine Barral Vergez, musique Dominique Probst.
   
       
 
 
   
       
     
 
Producción T.A.T., corealización Théâtre 13; con la participación de J.T.N., del festival de Sarlat, de la Mairie de París, de France-Culture y Evènement Télérama.
Estreno del 21 de mayo de 1991 en el Théâtre 13, París.